23.02.2007

Libertad !

medium_ingridbetancourt.jpgAujourd'hui cela fait 5 ans jour pour jour qu'Ingrid Betancourt, responsable politique franco-colombienne et fondatrice du Parti Vert colombien Oxigeno Verde, et Clara Rojas, sa directrice de campagne, ont été enlevées par la guérilla des FARC en pleine campagne présidentielle.

5 ans ! Depuis plusieurs dizaines d'années, aucun otage politique français n'a été séquestré pendant une si longue période.

5 ans ! Jamais les pouvoirs politiques français ne sont restés muets et inactifs durant si longtemps.

Enfin, 5 ans, C'est la durée d'un mandat présidentiel en France. Quel bilan de celui qui s'achève, pour Ingrid Betancourt et les 3000 otages détenus en Colombie ?


J'ai reçu il y a quelques temps le livre écrit par Juan-Carlos Lecompte, le mari d'Ingrid Betacourt. Par un récit émouvant cet ancien militant d'Oxigeno Verde explique son combat pour la libération d'Ingrid et de tous les autres otages des FARC. Pourtant, précise-t-il, une solution (et une seule !) existe : un accord humanitaire et un échange de prisonniers entre le gouvernement colombien et les FRAC. Ce n'est pas une exigence exceptionnelle, des échanges de ce genre ont déjà eu lieu à plusieurs reprises et notamment en Colombie. Mais cette fois-ci le gouvernement colombien s'y oppose farouchement en préférant des "actions de sauvetage" par la force qui se transforment la plupart du temps en carnage.

Je me joins aujourd'hui à Juan-Carlos et à toutes celles et tous ceux qui dénoncent la politique du gouvernement colombien et réclament l'ouverture immédiate des négociations avec les FARC !

La semaine dernière le chanteur Renaud, avec qui je serai ce soir à Caen, a adressé une lettre à Christian Poncelet, le président du Sénat, pour lui demander d'autoriser une intervention de Mélanie Delloye Betancourt, la fille d'Ingrid, à la tribune du Sénat. Avec plusieurs de mes collègues nous avons vivement soutenu cette initiative en envoyant plusieurs lettres à la Présidence de notre Assemblée. Tout ce que Monsieur Poncelet a trouvé à nous répondre c'est que cette intervention est impossible "pour des raisons pratiques".

medium_oxigeno.pngDe telles attitudes, sincèrement, font douter de la réelle détermination des dirigeants français à sauver Ingrid. Aujourd'hui est une journée symbolique, une journée de mobilisation pour que la France fasse enfin son boulot. Nous devons envoyer un message fort au gouvernement colombien : c'est l'heure des négociations, qui doivent enfin aboutir à un accord humanitaire !

Dominique Voynet

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