09.02.2007
Les eaux du Tarn
Les participants à la réunion de la Commission Locale de l’Eau qui pilote le Schéma d'aménagement et de gestion des eaux du Tarn amont se sont retrouvés à Millau, et ont été accueillis par Claude Alibert.
Madame, Monsieur,
J’ai l’honneur et le plaisir de vous accueillir sur la commune de Millau qui est à la confluence des deux plus importantes rivières des Grands Causses : le Tarn et la Dourbie.
En ma qualité de représentant de la commune recevante qui est aussi la plus en aval de ce Sage, il m’a été demande de procéder au mot d’accueil, charge à laquelle je m’acquitte volontiers.
Avant d’être conseiller municipal et communautaire, je suis militant écologiste et aussi impliqué dans les associations de pêche de la région étant vice-président de l’AAPPMA de Millau et vice-président de l’association de bassin-versant HalieutiTarn. Ceci pour vous dire tout l’intérêt et la satisfaction que je trouve à participer à cette réunion.
Si vous me le permettez, je voudrais en préliminaire aux travaux de cette assemblée vous faire part de ma réflexion sur deux points qui me paraissent primordiaux et préalables à tout aménagement de nos vallées.
Le premier est la définition des objectifs quantitatifs. Je m’explique. L’impact de l’activité humaine n’a jamais été aussi préoccupant que depuis les conséquences avérées de l’effet de serre sur le métabolisme de la planète. Les ressources (notamment l’eau) ne sont pas inépuisables ; il faut savoir les pérenniser, les rendre durables. Chaque entité du territoire possède ces propres limites de production des ressources et de résistance aux charges de pression polluante qu’il faut savoir évaluer et respecter en fonction des niveaux d'impact souhaités. On se doit de comparer objectifs et résultats et l’on doit respecter ultérieurement ses propres objectifs quantifiés.
Pour exemple, je souhaite vous présenter un cas concret d’objectif non-atteint : le bassin versant de la Dourbie. En 1981 dans le document : «Objectifs de qualité des rivières», la qualité de la Dourbie avait été classée 1B avec pour objectif d’atteindre en 10 ans le classement 1A. En 2006, soit 25 ans plus tard, le classement est toujours de 1B étant même 3 en 1994 et 2 en 1999. En effet, bien que les moyens de traîtement des eaux usées aient été améliorés, l’occupation de l’espace par des activités augmentant, la qualité des eaux stagne voire diminue.
Le deuxième point que je voudrais évoquer est l’accès à l’eau, à la rivière. Notre région des Grands Causses possède 3 emblèmes forts : la rivière, les falaises et les pelouses sèches des Causses. Or, le public n’y a pas accès car tous les espaces emblématiques sont du domaine privé. Pour ce qui est de la rivière, il est de plus en plus difficile d’accéder aux berges car les indications de propriétés privées et d’interdits de toutes sortes pullulent dans toute la vallée du Tarn et de la Dourbie. Doit-on continuer à faire des aménagements, des travaux relevant du PSG (Plan simple de gestion) avec de l’argent public chez des particuliers qui ensuite vont interdire l’accès à leur rivage ? La loi sur l’eau dite Loi Voynet avait prévu ce cas mais les décrets d’application n’ont jamais suivi.
Il n’y a pas assez de politique de rachat en vue de la valorisation de l’espace naturel de la part des collectivités. Je me permets de vous rappeler qu’il existe une TDENS (Taxe des espaces naturels sensibles) prélevable sur les permis de construire par les Conseils généraux, spécifiques à l’achat d’espaces naturels qui deviennent inaliénables.
Je souhaiterais terminer en insistant sur la notion de développement durable fondamentalement ancrée sur les concepts de production de ressource naturelle, de charges anthropiques potentiellement polluantes et, ainsi, d’objectifs à respecter pour que le concept de durable le soit vraiment.
Voilà, j’en ai fini de mon propos. Je vous renouvelle mes souhaits de bienvenue à Millau et de richesse des débats qui vont suivre.
Merci pour votre attention.
Comment préserver la qualité de l'eau des rivières
C'est une réunion qui intéresse potentiellement beaucoup de Millavois et plus largement bon nombre d'Aveyronnais qui s'est tenue hier matin pendant de longues heures à la Chambre de commerce et d'industrie. Le sujet passionne la région : la gestion de l'eau.
C'est en fait la Commission locale de l'eau (Cle) qui pilote le Schéma d'aménagement et de gestion des eaux du Tarn amont (Sage) qui s'est réunie à Millau. Sans entrer dans le détail un brin complexe de l'organisation de la Commission et du Comité de rivière, il faut savoir que ces structures travaillent pour préserver la qualité des eaux du Tarn.
Hier justement, les animatrices du Sage et du Contrat de rivière ont fait le point sur les actions menées récemment. Elles ont notamment détaillé l'avancée des études et des travaux qui doivent être réalisés pour améliorer les systèmes d'assainissement collectif et autonome.
Les structures touristiques sont particulièrement concernées par ces travaux. Les campings, entre autres, ont reçu il y a maintenant plusieurs mois un questionnaire qui a permis d'identifier les professionnels souhaitant apporter des améliorations à leur système d'assainissement. Six projets ont été retenus. Ils sont en cours de réalisation.
La Commission locale de l'eau a aussi fait état hier des avis qu'elle a rendus après avoir été consultée. En 2006, elle a notamment étudié la demande de création d'un golf à L'Hospitalet-du-Larzac : en réponse, la Cle n'a pas estimé le projet compatible avec le Sage et a donc demandé de réexaminer le dossier une fois qu'il aura été revu et corrigé. Elle a en revanche jugé des travaux de berges sur la Dourbie compatibles avec le Sage.
A ce sujet, en ouverture de la réunion d'hier, le conseiller municipal millavois Claude Alibert a dit regretter que les berges soient toujours plus "privatisées" : « Il est de plus en plus difficile d'accéder aux berges. »
10:14 Publié dans Environnement, Millau - Saint-Affrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note











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