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19.12.2006
Zone vulnérable "Nitrates"
Il y a longtemps que les Verts Aveyron se battent contre la multiplication d’élevages industriels dans notre département au côté des associations environnementales et de la Confédération Paysanne. Nous avons organisé de nombreuses réunions, nous sommes intervenu dans de nombreuses enquêtes publiques et nous avons publié de nombreux communiqués pour dénoncer les dangers pour notre alimentation, notre air, nos sols et nos eaux de ce système. Mais face au lobby agricole aveyronnais, syndicats, chambre d’agriculture, industriels de l’agro-alimentaire, banques… soutenu par des élus locaux, toutes nos demandes ou observations étaient restés lettres mortes.
Nous avons dénoncé avec force avec UMINATE, la composition du Comité de Bassin Adour-Garonne ou les associations environnementales et les usagers qui payent la très grande partie de la redevance ne sont pratiquement pas représentés et où la sureprésentation du lobby agricole productiviste est un scandale.
Le maintien en zone vulnérable Nitrates de nombreuses communes du Ségala est indispensable. Si certains élevages ont réalisé des investissements permettant de modérer la pollution, les extensions de ces mêmes élevages et même la création de nouveaux augmentent au total l’impact de ce modèle agricole sur notre environnement. A notre avis, lorsque l’on regarde l’évolution de la qualité des eaux dans notre département, d’autres zones devraient même rentrer dans ce classement.
On ne peut que saluer le courage de Pierre-Marie Blanquet, vice-président du Conseil Général, qui a préféré ne pas présenter le rapport sur la révision de la zone vulnérable Nitrates et de dénoncer publiquement les manipulations dont le dossier a été l’objet entre les travaux préliminaires effectués en commission et sa version définitive soumise aux membres de la commission permanente du Conseil Général.
Tout cela montre que nous avions raison en dénonçant depuis des années les manipulations du lobby agricole aveyronnais.
La démission, bien que tardive de Pierre-Marie Blanquet de la présidence de la commission Environnement, venant après l’annonce de Jean Puech de ne pas se représenter aux prochaines cantonales, montre combien il était difficile de lutter contre ce système despotique qu’avait mis en place le président du Conseil Général.
Article paru le 19/12/2006
POLITIQUE. QUELQUES JOURS À PEINE APRÈS L'ANNONCE DE JEAN PUECH, PIERRE-MARIE BLANQUET ENTRE EN RÉBELLION.
Conseil général:la droite se déchire déjà
Sur les 99 communes du Ségala initialement classées en zone vulnérable, 74 seraient maintenues lors de la révision du périmètre actuellement en cours… une décision inacceptable pour les élus de la chambre d'agriculture. « Le premier classement remonte à 1994. À l'époque, nous n'avions que très peu d'éléments objectifs avec des analyses d'eau qui dataient de 1992-93 mais une décision expliquée par une très forte densité d'élevage et une notion de risque potentiel et un zonage de précaution. Quatre-vingt-dix-neuf communes étaient concernées », se souvient Jean Laurens, président de la chambre d'agriculture. Deuxième campagne d'analyses en 1997-98 puis en 2000-2001 et l'ajout de quinze communes dans la zone. La nouvelle campagne de révision qui est en cours s'appuie sur des résultats d'analyse menée les deux années précédentes. « Il n'y a pas eu d'évolution significative et nous considérons que le risque agricole est maîtrisé et que les perspectives d'évolutions agricoles ne présentent pas de risque supérieur de la dégradation de la qualité des eaux à l'avenir », pointe Jean Laurens qui avec les élus de la chambre demande le retrait pur et simple du classement pour toutes les communes. Dans un courrier qu'il adresse à la préfète Chantal Jourdan, il met en exergue les efforts consentis par les agriculteurs et les progrès significatifs qu'ils ont réalisés dans leurs pratiques de fertilisation : « Moins 20 % sur l'achat des engrais azotés, moins 50 % sur le phosphore et la potasse ». Sans compter, poursuit-il, que « deux mille agriculteurs, soit deux tiers des exploitations, se sont engagés dans le suivi de leurs pratiques agronomiques et la mise aux normes des installations d'élevage avec le programme de maîtrise des pollutions d'origine agricole, PMPOA. Nous estimons à environ 25 millions d'euros l'investissement fait ou programmé par les agriculteurs dans la maîtrise des pollutions sur les sites d'élevage », argue l'élu de la chambre.
Il revient sur les rapports d'analyse, souligne que, si risque il y a, « ils sont écologiques et non chimiques. Le classement actuel est injustifié et peut entraîner des pénalités et sanctions administratives et réglementaires des agriculteurs de cette zone ». Si ses arguments étaient entendus, le monde agricole ne compte pas relâcher pour autant ses efforts. Bien au contraire, selon le président Laurens. « Nous sommes tout à fait d'accord pour continuer notre action auprès des agriculteurs de tout le département avec les élus du Bassin et tous les partenaires impliqués dans la qualité de l'eau ».
Gladys Kichkoff
Zone vulnérable : un reclassement contesté
En voila un qui vient d'épuiser toutes ses chances de devenir un jour calife à la place du calife. Pierre-Marie Blanquet, vice-président du conseil général qui compte au nombre des doyens de l'assemblée, sinon en âge, en tout cas en longévité, est carbonisé. Depuis ce jeudi 18 décembre historique, l'élu de Campagnac n'est pas le seul conseiller général à penser au perchoir départemental, le matin en se rasant. Ces jours-ci, le palais bruisse des révolutions, des coups d'État ou des alliances opportunes qui s'ourdissent secrètement dans les arrière-cours du pouvoir, sur fond de départ de Jean Puech, au prochain renouvellement de 2008. Pierre-Marie Blanquet, lui, a mis les pieds dans le plat, à moins qu'il se les soit pris dans le tapis, ce qui revient à peu près au même… Une illustration de cette « naïveté politique » dont l'élu centriste, passé sous pavillon puéchiste davantage par nécessité que par conviction, ne s'est jamais soigné malgré de longues années de pratiques.
Crime de lèse-majesté que de refuser, ce lundi, de présenter le rapport sur la révision de la zone vulnérable Nitrates (lire ci-dessous), de dénoncer publiquement les manipulations dont le dossier a été l'objet entre les travaux préliminaires effectués en commission et sa version définitive, soumise aux membres de la commission permanente, puis enfin, de démissionner de la présidence de la commission « Environnement », comme pour marquer sa rupture définitive avec le « système ». Tout cela sous les yeux de Jean Puech, furieux, et des autres conseillers généraux qui ont regardé Pierre-Marie Blanquet aller droit dans le mur.
UN DE MOINS
« Un de moins », ont sans doute conclu les nombreux candidats au fauteuil présidentiel, à l'issue de cette commission permanente comme on n'en a pas vu depuis trente ans, lorsque Jean Puech a pris les commandes du conseil général. Le débat calamiteux sur la pollution du département de l'Aveyron aux nitrates dont s'est amusée l'opposition vaut maintenant à Pierre-Marie Blanquet de sentir le souffre. En d'autres temps, c'est-à-dire à l'époque pas si lointaine où l'autorité de Jean Puech ne se discutait pas, le conseiller général de Campagnac aurait peut être mis ses convictions écologiques sous le boisseau de l'allégeance au chef. Confondant vitesse et précipitation, il a adopté ce lundi une posture de rébellion qui ne lui sera évidemment pas pardonnée quand la question de la succession se posera en termes plus précis. Il ne devrait en effet pas se trouver un seul de ses collègues assez fantasque pour soutenir sa candidature contre l'avis de Jean Puech. Pire. En militant pour le maintien de la zone vulnérable « Nitrates » en Aveyron, Pierre-Marie Blanquet a joué contre les intérêts des agriculteurs, électeurs historiques de la droite départementale. L'imprudent conseiller général, qui s'est disqualifié de la course à la présidence de l'assemblée, pourrait même avoir des comptes à rendre, quand le temps de sa propre élection à Campagnac viendra…
Lionel Laparade
Voir çi-dessous la carte de la ZONE VULNERABLE A LA POLLUTION DES EAUX PAR LES NITRATES D'ORIGINE AGRICOLE en pdf :
Zvulnerable.2.pdf
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