12.12.2006
L’ « insoutenable » développement durable
Notre ami Jean Barrié s’est fendu d’un courrier traitant du développement durable et des manipulations qu‘en font certains, dans l’édition dominicale de Centre Presse.
Nous ne pouvons résister à en donner ici quelques extraits.
« « Semaine du développement durable », « Journée mondiale de l’environnement », « Conférence sur le réchauffement climatique à Nairobi »… Il est partout le « développement durable » ! « La maison brûle » et soudainement, dans les hémicycles, dans les discours, dans les conversations, l’environnement est devenu le thème dont il faut obligatoirement parler.
. Louable que de vouloir concilier économie, social et environnement. Cependant, cette généreuse idée effraya les milieux financiers qui virent là une entrave possible aux profits. Rapidement, elle fut dévergondée par les réformistes de tous bords qui décidèrent de « vider la coquille » car il était inconcevable que l’équilibre entre économie et environnement remette en cause le dogme du marché. Le monde de la finance s’empressa de se transformer en apôtre du développement durable, celui-ci ouvrant d’inattendues perspectives aux échanges marchands.
Le «développement durable devint une « tarte à la crème » inépuisable pour s’accaparer les marchés, un « plus médiatique » dans les colloques politiques et économiques. On a même prétendu « faire du développement durable » en élargissant les routes pour aller plus vite et plus nombreux vers les supermarchés qui encerclent nos villes, en promouvant le tri des déchets mais pas leur réduction à la source, en encourageant avec des primes l’agriculture dite « raisonnée » avec moins de pesticides mais sans les interdire, en invitant à économiser l’eau mais sans condamner les excès de l’irrigation… On peut même échanger ou vendre des « droits à polluer » en développement durable.
Le développement durable est devenu le contraire de sa définition initiale, une béquille servant d’alibi au système en place. Il est si dévoyé que ses initiateurs osent à peine l’évoquer ! … Certes, on fait semblant de prendre grand soin de celui-ci en responsabilisant les individus jusqu’à les culpabiliser, en adoptant des gestes simples (respect de l’eau, tri sélectif, économies d’énergies…).
Soit, mais parallèlement, aucune remise en cause par les décideurs d’un système économique ravageur ; toujours plus de camions, d’emballages, d’objets jetables, de plastiques, d’autoroutes, de grandes surfaces, d’agriculture intensive…pour plus de réchauffement climatique nous rapprochant du chaos ultime perçu comme inéluctable destin du Monde.
Heureusement, cette perspective mortifère peut être évitée à condition qu’un changement radical s’opère d’urgence. La seule solution réside dans une nouvelle logique généralisée basée sur le « bien vivre intelligent » et les « bonheurs simples », solidairement partagés dans une société des hommes remplaçant une suicidaire société des capitaux. La fin de la dictature de la finance et de la spéculation permettra alors à des développements aujourd’hui maltraités ou oubliés (social, humain, environnemental, culturel…) d’occuper toute leur place. Il est évident que l’humanité aspire à un développement global heureux, en harmonie avec la planète, libérée de la gangue étouffante du profit et de la consommation déifiés, ou l’écologie ne serait plus le jouet dérisoire d’un business d’outre-tombe. »
Malheureusement, sur la même page de Centre Presse que le courrier de Jean Barrié, un autre lecteur demandait une nouvelle route afin d’éviter Rodez et son agglomération par le sud et les pages « auto » présentaient des véhicules dont la moins puissante produisait 146 gCO2/km et la plus puissante 227 gCO2/km.
07:40 Publié dans Billets de Jean Barrié, Développement durable | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note











Commentaires
Bravo les ayatolahs du vert et merci pour cette succulente reproduction (autorisée ?) du courrier de Jean Barrié. Je suppose que monsieur Barrié fait comme vous : il n'utilise pas les routes, n'a jamais rien consommé qui fasse mal à la planète et n'utilise pas d'ordinateurs remplis de substances toxiques et cancérigènes que désossent, une fois obsolètes, des petits Indiens pour trois francs six sous, dans les pires conditions sanitaires. Merci les dictateurs de la pensée, révolutionnaires de salon, pour la haute teneur de ce qui se veut un débat politique. Enfin de vraies propositions crédibles capables d'emporter la large adhésion d'un électorat qui n'attend que ça : qu'on lui tape sur le crâne. Au fait c'est quoi le vrai programme des verts à part coller aux basques d'un producteur d'émissions pour TF1-Bouygues ?
Ecrit par : brigitte | 15.12.2006
Merci Brigitte pour ce commentaire.
Nous avons bien sûr demandé l’autorisation à Jean Barrié afin de reproduire son courrier paru dans Centre Presse. Bien qu’il ne soit pas adhérent des Verts, il nous a autorisé à l’utiliser.
Bien sûr que nous vivons comme tout le monde, nous nous déplaçons, nous mangeons, nous travaillons, mais nous essayons de réaliser toutes nos activités en ayant conscience qu’il n’est plus possible de les réaliser comme auparavant. Nous utilisons au maximum les transports en commun (lorsqu’ils existent !), nous surveillons nos consommations énergétiques (électricité, gaz, carburants…), et nous utilisons au maximum les énergies renouvelables (comme beaucoup d’aveyronnais, je me chauffe au bois). Tout cela sans aucune contrainte réelle.
Je vous rassure, nous n’avons pas une vie d’ermite, nous participons au maximum à la vie associative, culturelle et festive de nos villes et de nos villages.
C’est vrai que c’est un effort important (surtout intellectuel) de se dire que nous devrons dans l’avenir modérer nos consommations énergétiques et consommer moins mais mieux. Surtout pour ceux qui le peuvent, parce que une grande partie de nos concitoyens le font par obligation : les chômeurs, les travailleurs pauvres, les personnes âgées qui sont de plus en plus nombreuses en France et en Aveyron à ne vivre qu’avec des salaires et des prestations de misère.
C’est en priorité pour eux, qui sont en général les plus touchés par des problèmes environnementaux (malbouffe, logements insalubres et mal chauffés, pas de moyens pour se déplacer…) que nous proposons un autre modèle de société.
Enfin, si nous avons beaucoup de sympathie pour les idées de Nicolas Hulot, nous faisons la différence. Lui est un agitateur d’idées, nous également, mais de plus nous aspirons en allant sur le terrain politique les mettre en application.
Vous pouvez d’ailleurs trouver le programme des Verts à : http://www.lesverts.fr/article.php3?id_article=2786
Ecrit par : Jean-Louis CALMETTES | 16.12.2006
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